mercredi 6 mai 2020

Poésie - Séance 3 (suite)


Les amis d'enfance
Je me souviens du grand cheval
Qui promenait tête et crinière
Comme une grappe de lumière
Dans la nuit du pays natal.

Qui me dira mon chien inquiet,
Ses coups de pattes dans la porte,
Lui qui prenait pour un gibier
Le tourbillon des feuilles mortes?

Maintenant que j’habite en ville
Un paysage sans jardins,
Je songe à ces anciens matins
Tout parfumés de marguerites.
            
                    René-Guy Cadou
Commençons par répondre aux questions posées lundi dernier.
  1. Quel est le thème du poème ?
    Dans ce poème, l'auteur évoque deux des animaux qui ont marqué son enfance campagnarde.
    Le thème d'un texte, c'est ce dont il parle.
  2. Combien y a-t-il de strophes ?
    Ce poème contient quatre strophes.
  3. Comment appelle-t-on ce type de strophe ?
    Ces strophes sont composées de quatre vers, c'est pourquoi on les appelle des quatrains.
    Une strophe de deux vers est un distique.
    Une strophe de trois vers est un tercet.
  4. Dans les vers suivants, place les « e » muets (qui ne se prononcent pas) entre parenthèses.
Je me souviens du grand cheval
Qui promenait têt(e) et crinièr(e)
Comm(e) une grappe de lumièr(e)
  1. Combien comptes-tu de syllabes par vers dans ce poème ?
En plaçant les « e » muets entre parenthèses et en n'oubliant pas de compter ceux qui sont suivis d'une consonne (par exemple, « une grappe de... »), on constate que les vers ont huit syllabes.
Les vers de huit syllabes sont appelés octosyllabes (comme une figure à huit côtés est appelée octogone).
  1. Tous les vers riment-ils ?
Les vers riment (cheval / natal ; crinière / lumière ; inquiet / gibier, etc.).
On remarque cependant une petite « irrégularité » dans la dernière strophe : « ville » et « marguerites » ont bien le son [i] en commun mais ce n'est pas exactement ce qu'on à l'habitude de considérer comme une rime.
Il faudra tâcher de comprendre pourquoi l'auteur a laissé cette « imperfection » dans son texte...
  1. Comment les rimes sont-elles disposées ?
Dans la première strophe, les rimes sont disposées selon le schéma ABBA : c'est ce qu'on appelle des rimes embrassées.
Le premier sens du verbe embrasser est « prendre dans ses bras ». On imagine que la rime A prend la rime B dans ses bras !
Dans la deuxième strophe, les rimes adoptent le schéma ABAB : c'est ce qu'on appelle des rimes croisées.
Dans la troisième strophe, étant donné le caractère un peu « boiteux » de la rime ville / marguerite, on trouve un schéma de type ABBA'.
Récapitulons avec ce tableau :
Strophe 1
Strophe 2
Strophe 3
cheval
A
inquiet
A
ville
A
crinière
B
porte
B
jardins
B
lumière
B
gibier
A
matins
B
natal
A
mortes
B
marguerites
A'

Maintenant que nous avons émis ces quelques constatations sur la forme, intéressons-nous au fond...
  1. Quels sont les deux animaux dont le poète se souvient ? Dans quel mouvement sont-il évoqués ?
  2. Explique la comparaison présente dans la première strophe.
  3. Relève les éléments qui caractérisent les lieux du passé et ceux du présent.
  4. Retrouve la structure du poème : où sont placés les vers qui renvoient au passé, ceux qui renvoient au présent ? Appuie-toi sur les temps des verbes et sur les deux lieux qui s'opposent.
  5. Le poème se termine-t-il sur une évocation du passé ou du présent ? Quelle est la sensation évoquée ? Quel sentiment le poète éprouve-t-il ?
    Une sensation est perçue avec l'un de nos cinq sens (la vue, l'odorat le goût, l'ouïe et le toucher).
    Un sentiment est un était d'âme, une manière de penser.



lundi 4 mai 2020

La poésie au rythme du temps et de la nature – Séance 3



Fils d'instituteurs né en 1920 à Sainte-Reine-de-Bretagne, Réné-Guy Cadou était très attaché au cadre campagnard dans lequel il avait grandi. Il est mort à seulement 31 ans. Ses poèmes chantent les joies simples de la nature, de l'amitié et de l'amour.


Les amis d'enfance


Je me souviens du grand cheval
Qui promenait tête et crinière
Comme une grappe de lumière
Dans la nuit du pays natal.

Qui me dira mon chien inquiet,
Ses coups de pattes dans la porte,
Lui qui prenait pour un gibier
Le tourbillon des feuilles mortes?

Maintenant que j’habite en ville
Un paysage sans jardins,
Je songe à ces anciens matins
Tout parfumés de marguerites.

Dans ton cahier, écris Séance 3 - "Les amis d'enfance" (René-Guy Cadou
Réponds aux questions suivantes :

1. Quel est le thème du poème ?
2. Combien y a-t-il de strophes ?
3. Comment appelle-t-on ce type de strophe ?



Un distique.
Un tercet.
Un quatrain.



4. Dans les vers suivants, place les « e » muets (qui ne se prononcent pas) entre parenthèses.
Je me souviens du grand cheval
Qui promenait tête et crinière
Comme une grappe de lumière


5. Combien comptes-tu de syllabes par vers dans ce poème ?
6. Tous les vers riment-ils ?
7. Comment les rimes sont-elles disposées ? Choisis un des schémas proposés ci-dessous.


A
A
B
B
A
B
A
B
A
B
B
A


Nous continuerons l'étude de ce poème mercredi !

mercredi 29 avril 2020

La poésie au rythme du temps et de la nature – Séance 2


Unité

Par-dessus l'horizon aux collines brunies,
Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies,
Se penchait sur la terre à l'heure du couchant ;
Une humble marguerite, éclose au bord d'un champ,
Sur un mur gris, croulant parmi l'avoine folle,
Blanche épanouissait sa candide auréole ;
Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur,
Regardait fixement, dans l'éternel azur,
Le grand astre épanchant sa lumière immortelle.
« Et, moi, j'ai des rayons aussi ! » lui disait-elle.

Victor Hugo (1802-1885)

  1. Quels détails te permettent d'identifier ce texte comme un poème ?
    Ce texte est écrit en vers, comme le montre le retour régulier à la ligne.
    Chaque vers (= chaque ligne) commence par une majuscule.
  2. Combien comptes-tu de strophes ? Combien comptes-tu de vers ?
    Il n'y a qu'une strophe. Une strophe est un groupe de vers séparé du reste par un blanc ; c'est l'équivalent poétique du paragraphe.
    Cette strophe comporte dix vers puisqu'on compte dix lignes.
  3. Les vers riment-ils ?
    Les vers riment : autrement dit, on retrouve les mêmes sonorités à la fin de deux vers (brunies / infinies ; couchant / champ ; folle / auréole...).
    Tous les poètes ne font pas ce choix ; en poésie moderne, il n'est pas rare que les vers ne riment pas.
    Ici les rimes se suivent. Si on leur attribue une lettre (comme aux droites en mathématiques!), en appelant la rime infinies / brunies « A » et la rime couchant / champ « B », on obtient le schéma suivant :
A
A
B
B
Les rimes disposées ainsi sont appelées rimes plates ou rimes suivies.
4. Combien comptes-tu de syllabes par vers ? 
Tous les vers de ce poème comportent douze syllabes. C'est ce qu'on appelle des alexandrins.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
Par
des
sus
l'ho
ri
zon
aux
col
li
nes
bru
nies
Le
so
leil
cet
te
fleur
des
splen
deurs
in
fi
nies


Règle du « e » muet
Pour bien compter et bien prononcer les syllabes en poésie, il faut savoir que certains « e », habituellement muets, c'est-à-dire non prononcés dans la vie de tous les jours, sont entendus en poésie. Il s'agit des « e » suivis d'une consonne.
Par exemple, le prénom Séverine est d'ordinaire prononcé en deux syllabes : [sèv] + [rin].
  • En poésie, le « e » du milieu sera systématiquement pris en compte : Séverine ;
  • Le « e » final le sera également s'il est suivi d'un mot commençant par une consonne : Séverine, jeune fille aux cheveux d'or

5. À quel moment de la journée cette scène se déroule-t-elle ?
La scène se déroule « à l'heure du couchant », c'est-à-dire le soir.
6. Qui sont les deux « personnages » ?
Les deux personnages sont le soleil et une marguerite.
7. Au vers 2, comment le soleil est-il désigné ? Est-ce une description scientifique ou une image ?
Le soleil est désigné comme une «  fleur des splendeurs infinies ». Il s'agit d'une description poétique, imagée. Cette façon d'associer deux choses, deux êtres ayant des points communs (la forme, la couleur...) est une figure de style appelée métaphore.
Nous savons bien que le soleil n'est pas une fleur ! En revanche, comme nous le fait remarquer la petite marguerite de ce poème, on peut considérer que ses rayons rappellent les pétales de certaines fleurs.
8. À ton avis, pourquoi le poème est-il intitulé « Unité » ?
L'unité évoquée par Victor Hugo est celle de la nature : on peut y trouver des correspondances entre une étoile majestueuse et une fleur des plus banales – toutes deux ont des rayons, toutes deux possèdent leur beauté particulière.
Cette manière de voir peut aussi s'appliquer aux humains : on rencontre des gens admirables au sein du peuple aussi bien que dans les classes supérieures de la société.

lundi 27 avril 2020

La poésie au rythme du temps et de la nature


Bonjour chers élèves ! 
J'espère que ces vacances de Pâques vous ont permis de vous changer les idées. Aujourd'hui, nous entamons une nouvelle séquence consacrée à la poésie !

Gustav Klimt, Le Pommier, 1912.

Comment le poète joue-t-il avec les mots pour créer des émotions ?



Le mot poésie vient du verbe grec poïein qui signifie « fabriquer, créer ». Le poète est un créateur qui assemble des mots de façon à leur donner une beauté et une force particulières, faisant ainsi naître des émotions. La poésie peut dégager un tel charme que, dans l'Antiquité, on disait que les poètes étaient inspirés par des divinités appelées les Muses.

Selon la légende grecque, le premier poète était Orphée, fils de Calliope, muse de la poésie. Il récitait ses poèmes en musique, en s'accompagnant d'une lyre. On dit que son chant était si émouvant que les animaux, les arbres et les rochers en étaient touchés.


À cette époque, la poésie est en effet chantée et elle le sera encore longtemps : en France, tout au long du Moyen-âge, les trouvères et troubadours continuent d'allier musique et poésie. 

Entre règles et inventivité

La poésie est un genre littéraire lié à la musique. Toutefois, à la fin du Moyen-âge, la poésie se sépare de la chanson et cultive sa musique propre, créée par les sonorités des mots et par le rythme des phrases.
Des règles d'écriture sont définies peu à peu. L'ensemble de ces règles est ce qu'on appelle la versification
Vous découvrirez quelques-unes de ces règles au cours de la séquence ; vous constaterez qu'elles sont souvent bien difficiles à appliquer mais qu'elles permettent de créer des poèmes qui sonnent comme de la musique !


Unité

Par-dessus l'horizon aux collines brunies,
Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies,
Se penchait sur la terre à l'heure du couchant ;
Une humble marguerite, éclose au bord d'un champ,
Sur un mur gris, croulant parmi l'avoine folle,
Blanche épanouissait sa candide auréole ;
Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur,
Regardait fixement, dans l'éternel azur,
Le grand astre épanchant sa lumière immortelle.
« Et, moi, j'ai des rayons aussi ! » lui disait-elle.
Victor Hugo (1802-1885)

Dans ton cahier, recopie en rouge le titre de la séquence La poésie au rythme du temps et de la nature.
Écris Texte 1 - « Unité » (Victor Hugo).
Réponds sur aux questions suivantes.
  1. Quels détails te permettent d'identifier ce texte comme un poème ?
  2. Combien comptes-tu de strophes ? Combien comptes-tu de vers ?
  3. Les vers riment-ils ?
  4. Combien comptes-tu de syllabes par vers ?
  5. À quel moment de la journée cette scène se déroule-t-elle ?
  6. Qui sont les deux « personnages » ?
  7. Au vers 2, comment le soleil est-il désigné ? Est-ce une description scientifique ou une image ?
  8. À ton avis, pourquoi le poème est-il intitulé « Unité » ?

Solution des mots croisés du 10 avril


Horizontalement
Verticalement
2. Les médecins en portaient une au temps de Molière. → ROBE
4. Le médecin en rédige une à la fin de la consultation. → ORDONNANCE
7. "C'est−à−dire que toute la SCIENCE du monde est renfermée dans votre tête !" s'écrie Argan.
8. Argan ne pense qu'à la sienne. → SANTÉ
1. La médecine antique en comptait quatre. → HUMEURS
3. Les bons permettent de guérir. → REMÈDES
5. Faut-il se contenter de l'observer ou faut-il la boire ? → URINE
6. Les médecins prêtent serment en son nom. → HIPPOCRATE

vendredi 10 avril 2020

Mots croisés !

Le confinement ne doit pas nous empêcher de respecter les traditions : pour finir en beauté la séquence sur Molière, une bonne grille de mots croisés !


Horizontalement
Verticalement
2. Les médecins en portaient une au temps de Molière.
4. Le médecin en rédige une à la fin de la consultation.
7. "C'est−à−dire que toute la ....... du monde est
renfermée dans votre tête !" s'écrie Argan.
8. Argan ne pense qu'à la sienne.
1. La médecine antique en comptait quatre.
3. Les bons permettent de guérir.
5. Faut-il se contenter de l'observer ou faut-il la boire ?
6. Les médecins prêtent serment en son nom.


Bonnes vacances !



 

jeudi 9 avril 2020

Vendredi ou La vie sauvage - Séance 5 (suite)


Solutions de la séance précédente

D'abord, merci à tous ceux qui ont proposé leurs réponses en commentaires ou par mail : beaucoup ont vu l'essentiel !
  • Comme vous l'avez tous vu, les expansions du nom en rouge sont bien des adjectifs : grand, blanc, plates, confortables, etc. J'ai « peint » de la même couleur les participes passés utilisés comme adjectifs, parce que ça revient au même : recouverts, assemblées, suspendus...

  • Les expansions en vert sont des compléments du nom : de galets, de palmiers, d'argile, en écailles, etc.
Quand un groupe de mots est utilisé pour compléter un nom, on appelle cela un complément du nom. Comme on peut l'observer dans notre texte, beaucoup sont introduits par de ou en.
  • Vous avez également été nombreux à remarquer que les expansions du nom en bleu contenaient un verbe (conjugué).
Ce ne sont pas seulement des « groupes verbaux » !
Regardez bien : ce sont des groupes mots organisés autour d'un verbe conjugué. On y trouve le verbe, son sujet et des compléments (d'objet, de temps, de moyen...).
Ex. : sur laquelle il disposa ensuite des feuilles
   Lieu     Sujet   V      Temps        COD
Comment appelle-t-on un groupe de mots organisés autour d'un verbe conjugué ?
Une proposition !

Ici, vous constatez que les éléments en bleu n'auraient plus aucun sens si on ne gardait qu'eux :  
* que Robinson n’avait plus connue depuis longtemps. = Ça ne veut rien dire !

C'est pourquoi on dit que ces propositions sont subordonnées. Elles ont besoin du reste de la phrase pour avoir un sens.

Ces propositions subordonnées complètent des noms comme le feraient des adjectifs : on les appelle relatives.

Retenons :
Les expansions du nom servent à compléter un nom. Elles peuvent être de différentes natures ; ça peut être :
  • des adjectifs ;
  • des compléments du nom (CdN) ;
  • des propositions subordonnées relatives.