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mercredi 27 mai 2020

Séance 5 - Suite


Le poème de Ronsard ne comporte que trois phrases.

Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose, / En sa belle jeunesse, en sa première fleur, / Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur, / Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose ; / La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose, / Embaumant les jardins et les arbres d’odeur ; / Mais battue, ou de pluie, ou d’excessive ardeur, / Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose.
Ainsi en ta première et jeune nouveauté, / Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté, / La Parque t’a tuée, et cendres tu reposes.
Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs, / Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs, / Afin que vif et mort, ton corps ne soit que roses.


La disposition des rimes peut être mise en relief ainsi :
Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose, A
En sa belle jeunesse, en sa première fleur, B
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur, B
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose ; A

La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose, A
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur ; B
Mais battue, ou de pluie, ou d’excessive ardeur, B
Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose. A

Ainsi en ta première et jeune nouveauté, C
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté, C
La Parque t’a tuée, et cendres tu reposes. A'

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs, B'
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs, B'
Afin que vif et mort, ton corps ne soit que roses. A'

→ On remarque un décalage entre ce qu'on voit et ce qu'on entend : la disposition des strophes ne correspond pas à celle des rimes.
  • Ce poème est visuellement constitué de deux quatrains suivis de deux tercets.
(Mais ce qu'on entend, c'est : deux quatrains, un distique et un quatrain !)
  • Le mètre choisi par le poète est l'alexandrin.
  • Les rimes sont d'abord embrassées puis plates puis de nouveau embrassées.
À retenir : cette forme poétique, 14 vers disposés en quatre strophes, est appelée un sonnet. C'est une forme venue d'Italie et qui a été adoptée par les plus grands poètes français depuis la Renaissance car elle permet de créer des effets expressifs particulièrement frappants.


Les rimes de la dernière strophe sonnent comme celles des deux premières (-ose / -eur) mais on remarque que le poète a fait en sorte qu'elles soient désormais renforcées d'un -s, comme une victoire de l'inspiration poétique sur le pouvoir destructeur de la mort.
Les deux premières strophes évoquent l'image de la rose, dont la beauté peut susciter la jalousie du ciel et des dieux – beauté éphémère, hélas ! Le mot jeunesse est assez inattendu ici, étant d'ordinaire réservé aux êtres animés.
Les deux strophes suivantes s'adressent directement à la jeune femme défunte, emportée « en sa première et jeune nouveauté ». Le mot nouveauté fait référence au printemps. Là encore, le choix d'un tel terme peut surprendre alors qu'il est question d'une personne humaine mais il permet de faire comprendre le jeune âge de la morte.
Aux vers 1 et 9, Ronsard établit un lien entre l'image de la rose et le souvenir de la jeune défunte au moyen des mots comme et ainsi. Ce sont des mots-outils de comparaison.
Si l'on ne s'intéresse qu'aux mots placés à la rime (rose, fleur, couleur, arrose, repose, odeur, ardeur, déclose, nouveauté, beauté, reposes, pleurs, fleurs, et roses), on « balance » systématiquement entre la douceur et l'horreur. Le poète nous place toujours face aux deux aspects de la réalité qu'il évoque : la tragédie de la mort et la beauté de la vie.

Comme très souvent en poésie, celui qui sort véritablement grandi de ce triste épisode... c'est le poète lui-même !
Certes, les roses se fanent, les êtres humains meurent (parfois jeunes) mais l'œuvre du poète, elle, restera pour toujours – la preuve : vous êtes en train de l'étudier !

lundi 25 mai 2020

Poésie au rythme du temps et de la nature – Séance 5

Aujourd'hui, nous allons découvrir un des poèmes les plus célèbres de la littérature française ; vos parents, grands-parents, arrière-grands-parents, etc. l'ont appris, étudié et récité. À votre tour !

Pierre de Ronsard (1524-1585) est un poète français de la Renaissance. Nourri d'influences antiques et italiennes, il fonde avec Joachim du Bellay la Pléiade, groupe d'écrivains qui se donne pour mission d'enrichir la langue française et de créer une véritable littérature.

Le poème qui suit est extrait du recueil Sur la mort de Marie publié en 1578. C'est un poème écrit à la demande du roi Henri III, qui venait de perdre sa maîtresse Marie de Clèves décédée à 21 ans.

« Comme on voit sur la branche... »

Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose ;

La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur ;
Mais battue, ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose.

Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendres tu reposes.

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif et mort, ton corps ne soit que roses.

                                          Pierre de Ronsard, Amours.



Vocabulaire
  • au point du jour : du verbe – quand le jour point, c'est-à-dire apparaît, au lever du jour.
  • ardeur : chaleur
  • languissante : affaiblie
  • déclose : ouverte
  • Dans la mythologie romaine, les trois Parques étaient les divinités de la destinée humaine, de la naissance à la mort. Elles étaient représentées comme des fileuses, tissant et tranchant le fil des destins.



Lis plusieurs fois le poème, en prenant ton temps pour bien en repérer les étapes.
Quelles sont tes premières impressions ? Le poème est-il joyeux, triste, doux, dur, apaisant, angoissant, etc. ?
Dans ton cahier, inscris le titre Séance 5 - "Comme on voit sur la branche.."
Recopie de ta plus belle écriture le poème de Ronsard.
Rosier Pierre de Ronsard ® meiviolin | Les Rosiers Belmontais 
Surligne les points. Combien de phrases ce poème comporte-t-il ? Trois ou quatorze ?
Choisis une couleur différente pour chaque rime (par exemple, du rose pour les rimes en -ose, du bleu pour celles en -eur, etc.).
Complète la phrase suivante avec les termes proposés (aide-toi des séances précédentes).
tercets - alexandrin - plates - quatrain - embrassées
Ce poème est constitué de deux ............................ suivis de deux ............................
Le mètre choisi par le poète est l'............................
Les rimes sont d'abord ............................ puis ............................ puis de nouveau ............................



1. De quoi est-il question dans les deux premières strophes ? Quel en est le sujet ?
Le mot jeunesse est-il habituel pour parler de ce genre de chose ? Rosier grimpant 'Pierre De Ronsard' - Rosa grimpant - Le Jardin du ...

2. De quoi est-il question dans les deux strophes suivantes ? À quelle saison le mot nouveauté fait-il allusion ? Ce mot est-il courant lorsqu'on parle d'une personne ?

3. Aux vers 1 et 9, par quels mots Ronsard établit-il un lien entre les deux parties du poème ? Dans quelle figure de style ces mots sont-ils employés ?

4. Relis les mots placés à la rime et pense à tes premières impressions face à ce poème. Quelle réflexion Ronsard nous livre-t-il sur l'action du temps ?
Rosier grimpant Cyclamen Pierre de Ronsard® Les Roses de la Côte d ...

Versification – l'hiatus

La beauté musicale du langage poétique n'est pas uniquement due aux rimes. Ce qui fait qu'un poème sonne de manière si flatteuse à l'oreille, c'est aussi le respect d'une règle établie progressivement à partir de la Renaissance : l'interdiction de l'hiatus.
Un hiatus, c'est la rencontre de deux sons voyelles, comme dans « tu es » ou « tu as ». La poésie classique considère que c'est très laid à entendre !

Gardez qu'une voyelle à courir trop hâtée,
Ne soit d'une voyelle en son chemin heurtée.
(Boileau, L'Art poétique)

En poésie, il faut impérativement veiller à ce que consonnes et voyelles alternent avec régularité. On obtient ainsi une langue équilibrée, cadencée et harmonieuse.
Évidemment, cette règle est très difficile à respecter ! C'est pourquoi elle connaît des exceptions. On tolère, par exemple, que deux sons voyelles se succèdent s'ils sont, à l'écrit, séparés par une consonne muette ou par un e muet (comme dans la haine, la neige fond et brille au soleil, elle s'est allée en pleurant...).

Pour mesurer la difficulté, essaie de composer une strophe (de trois ou quatre vers), dans laquelle tu décriras une fleur ou un animal de ton choix. Tu n'es pas obligé(e) de faire des rimes mais tu dois veiller à éviter les hiatus !


mercredi 20 mai 2020

Poésie - Séance 4 (suite)

  1. En une phrase, que fait la panthère ?
Après une nuit de chasse, la panthère noire apporte à manger à ses petits affamés.
Comme tu le constateras souvent au fil de tes études, le « fond » d'un poème (ou son « message », ce qu'il raconte) est généralement assez simple et peut être brièvement résumé (« Je vous aime. », « La vie est trop courte. », « C'est le printemps ! », etc.). C'est pourquoi, lorsqu'on étudie un poème, l'intérêt doit se porter sur la manière dont l'auteur a su rendre son message vivant, imagé et musical.
  1. Comment qualifierais-tu les images qui te viennent à l'esprit en lisant ce poème ?
J'espère que tu as été sensible à la beauté particulière de ce texte ! Il est un peu à l'image de son sujet, la panthère : beau et effrayant à la fois. La richesse des images, la variété des notations (ce qu'on voit, ce qu'on sent, ce qu'on entend, etc.), le décor de cette jungle luxuriante mettent en valeur, par contraste, la violence de ce monde sauvage.
C'est ce qui caractérise le langage littéraire : il ressemble à ce dont il parle. En littérature, et particulièrement en poésie, il n'y a pas de différence entre le fond et la forme.
  1. Quelle est la « robe de velours » dont il est question à la troisième strophe ?
La robe de velours que mouillent quelques taches de sang, c'est évidemment le pelage de la panthère.
  • Cette façon de désigner une chose par le nom d'une autre avec laquelle elle présente un point commun est une figure de style bien connue appelée métaphore.
Une métaphore est une sorte de comparaison raccourcie on compare bien deux choses mais on ne sert plus de mots-outils tels que « comme », « pareil », « semblable », etc.
Pour dire, par exemple, qu'Alain est beau, on peut simplement dire :
Alain est très beau.
On peut aussi le comparer à une référence en matière de beauté :
Alain est beau comme un dieu. → C'est une comparaison.
On peut aussi désigner Alain par le nom du plus beau des dieux.
Alain est un véritable Apollon. → Alain est toujours comparé à un Dieu mais on a supprimé le comme. Il s'agit donc d'une métaphore.
Les métaphores permettent d'évoquer les êtres de manière imagée et, ainsi, de marquer davantage les esprits.
  1. Tous les vers ont-ils le même nombre de syllabes ? Repère les mètres utilisés en faisant attention aux « e » muets.
Dans ce poème, chaque strophe est composée de trois alexandrins et d'un octosyllabe.
La / rei / ne / de / Ja/ va, / la / noi / re / chas / se / ress(e),
A / vec / l'au / b
e, / re / vient / au / gî /t(e) où / ses / pe / tits
Par / mi / les / os / lui / sants / mi / au / lent / de / dé / tress(e),
Les / uns / sous / les / au/ tres / blottis.
  1. En ce qui concerne les sonorités, que remarques-tu dans ces deux vers ?
Elle trne après elle un reste de sa chasse
Un quartier du beau cerf qu'elle a mangé la nuit
Sur les 24 syllabes qu’additionnent ces deux alexandrins, neuf comportent les sons [é] ou [è].
  • Cette répétition d'un même son-voyelle est appelée assonance.
Et dans ceux-ci ?
Sous la haute fougère elle glisse en silence,
Parmi les troncs moussus s'enfonce et disparaît.
Dans cet exemple, on entend souvent revenir le son [s] ! Ici, le texte semble vraiment imiter la démarche délicate et feutrée de la panthère.
  • La répétition d'un son-consonne est appelée allitération.

mercredi 13 mai 2020

Poésie - Séance 4

Aujourd'hui, nous allons étudier un extrait de « La panthère noire », poème composé par Charles-Marie Leconte de Lisle, poète du XIXe siècle.

La panthère noire
Par les sentiers perdus au creux des forêts vierges
Où l'herbe épaisse fume au soleil du matin ;
Le long des cours d'eau vive encaissés dans leurs berges,
Sous de verts arceaux de rotin ;

La reine de Java, la noire chasseresse,
Avec l'aube, revient au gîte où ses petits
Parmi les os luisants miaulent de détresse,
Les uns sous les autres blottis.

Inquiète, les yeux aigus comme des flèches,
Elle ondule, épiant l'ombre des rameaux lourds.
Quelques taches de sang, éparses, toutes fraîches,
Mouillent sa robe de velours.

Elle traîne après elle un reste de sa chasse,
Un quartier du beau cerf qu'elle a mangé la nuit ;
Et sur la mousse en fleur une effroyable trace
Rouge, et chaude encore, la suit.

Sous la haute fougère elle glisse en silence,
Parmi les troncs moussus s'enfonce et disparaît.
Les bruits cessent, l'air brûle, et la lumière immense
Endort le ciel et la forêt.

Charles Marie LECONTE DE LISLE (1818-1894), « La panthère noire », Poèmes barbares, 1862.

Le vocabulaire employé dans ce texte est assez riche !
  • arceaux : le mot peut désigner tout ce qui a la forme d'une arc.
  • rotin : palmier
  • Java : île d'Indonésie
  • chasseresse : féminin de chasseur
  • gîte : abri, lieu où l'on dort.
  • Elle ondule : elle se déplace avec souplesse, de manière fluide.
  • rameaux : branches
  • éparses : dispersées çà et là, jetées au hasard
  • quartier : morceau

  1. En une phrase, que fait la panthère ?
  2. Comment qualifierais-tu les images qui te viennent à l'esprit en lisant ce poème ?
  3. Quelle est la « robe de velours » dont il est question à la troisième strophe ?
  4. Tous les vers ont-ils le même nombre de syllabes ? Repère les mètres utilisés en faisant attention aux « e » muets. En poésie, le « mètre », c'est la longueur d'un vers : octosyllabe, décasyllabe, alexandrin, etc.
  5. En ce qui concerne les sonorités, que remarques-tu dans ces deux vers ?
Elle traîne après elle un reste de sa chasse
 Un quartier du beau cerf qu'elle a mangé la nuit 
Et dans ceux-ci ?
Sous la haute fougère elle glisse en silence,
Parmi les troncs moussus s'enfonce et disparaît.








mercredi 6 mai 2020

Poésie - Séance 3 (suite)


Les amis d'enfance
Je me souviens du grand cheval
Qui promenait tête et crinière
Comme une grappe de lumière
Dans la nuit du pays natal.

Qui me dira mon chien inquiet,
Ses coups de pattes dans la porte,
Lui qui prenait pour un gibier
Le tourbillon des feuilles mortes?

Maintenant que j’habite en ville
Un paysage sans jardins,
Je songe à ces anciens matins
Tout parfumés de marguerites.
            
                    René-Guy Cadou
Commençons par répondre aux questions posées lundi dernier.
  1. Quel est le thème du poème ?
    Dans ce poème, l'auteur évoque deux des animaux qui ont marqué son enfance campagnarde.
    Le thème d'un texte, c'est ce dont il parle.
  2. Combien y a-t-il de strophes ?
    Ce poème contient quatre strophes.
  3. Comment appelle-t-on ce type de strophe ?
    Ces strophes sont composées de quatre vers, c'est pourquoi on les appelle des quatrains.
    Une strophe de deux vers est un distique.
    Une strophe de trois vers est un tercet.
  4. Dans les vers suivants, place les « e » muets (qui ne se prononcent pas) entre parenthèses.
Je me souviens du grand cheval
Qui promenait têt(e) et crinièr(e)
Comm(e) une grappe de lumièr(e)
  1. Combien comptes-tu de syllabes par vers dans ce poème ?
En plaçant les « e » muets entre parenthèses et en n'oubliant pas de compter ceux qui sont suivis d'une consonne (par exemple, « une grappe de... »), on constate que les vers ont huit syllabes.
Les vers de huit syllabes sont appelés octosyllabes (comme une figure à huit côtés est appelée octogone).
  1. Tous les vers riment-ils ?
Les vers riment (cheval / natal ; crinière / lumière ; inquiet / gibier, etc.).
On remarque cependant une petite « irrégularité » dans la dernière strophe : « ville » et « marguerites » ont bien le son [i] en commun mais ce n'est pas exactement ce qu'on à l'habitude de considérer comme une rime.
Il faudra tâcher de comprendre pourquoi l'auteur a laissé cette « imperfection » dans son texte...
  1. Comment les rimes sont-elles disposées ?
Dans la première strophe, les rimes sont disposées selon le schéma ABBA : c'est ce qu'on appelle des rimes embrassées.
Le premier sens du verbe embrasser est « prendre dans ses bras ». On imagine que la rime A prend la rime B dans ses bras !
Dans la deuxième strophe, les rimes adoptent le schéma ABAB : c'est ce qu'on appelle des rimes croisées.
Dans la troisième strophe, étant donné le caractère un peu « boiteux » de la rime ville / marguerite, on trouve un schéma de type ABBA'.
Récapitulons avec ce tableau :
Strophe 1
Strophe 2
Strophe 3
cheval
A
inquiet
A
ville
A
crinière
B
porte
B
jardins
B
lumière
B
gibier
A
matins
B
natal
A
mortes
B
marguerites
A'

Maintenant que nous avons émis ces quelques constatations sur la forme, intéressons-nous au fond...
  1. Quels sont les deux animaux dont le poète se souvient ? Dans quel mouvement sont-il évoqués ?
  2. Explique la comparaison présente dans la première strophe.
  3. Relève les éléments qui caractérisent les lieux du passé et ceux du présent.
  4. Retrouve la structure du poème : où sont placés les vers qui renvoient au passé, ceux qui renvoient au présent ? Appuie-toi sur les temps des verbes et sur les deux lieux qui s'opposent.
  5. Le poème se termine-t-il sur une évocation du passé ou du présent ? Quelle est la sensation évoquée ? Quel sentiment le poète éprouve-t-il ?
    Une sensation est perçue avec l'un de nos cinq sens (la vue, l'odorat le goût, l'ouïe et le toucher).
    Un sentiment est un était d'âme, une manière de penser.



lundi 4 mai 2020

La poésie au rythme du temps et de la nature – Séance 3



Fils d'instituteurs né en 1920 à Sainte-Reine-de-Bretagne, Réné-Guy Cadou était très attaché au cadre campagnard dans lequel il avait grandi. Il est mort à seulement 31 ans. Ses poèmes chantent les joies simples de la nature, de l'amitié et de l'amour.


Les amis d'enfance


Je me souviens du grand cheval
Qui promenait tête et crinière
Comme une grappe de lumière
Dans la nuit du pays natal.

Qui me dira mon chien inquiet,
Ses coups de pattes dans la porte,
Lui qui prenait pour un gibier
Le tourbillon des feuilles mortes?

Maintenant que j’habite en ville
Un paysage sans jardins,
Je songe à ces anciens matins
Tout parfumés de marguerites.

Dans ton cahier, écris Séance 3 - "Les amis d'enfance" (René-Guy Cadou
Réponds aux questions suivantes :

1. Quel est le thème du poème ?
2. Combien y a-t-il de strophes ?
3. Comment appelle-t-on ce type de strophe ?



Un distique.
Un tercet.
Un quatrain.



4. Dans les vers suivants, place les « e » muets (qui ne se prononcent pas) entre parenthèses.
Je me souviens du grand cheval
Qui promenait tête et crinière
Comme une grappe de lumière


5. Combien comptes-tu de syllabes par vers dans ce poème ?
6. Tous les vers riment-ils ?
7. Comment les rimes sont-elles disposées ? Choisis un des schémas proposés ci-dessous.


A
A
B
B
A
B
A
B
A
B
B
A


Nous continuerons l'étude de ce poème mercredi !

mercredi 29 avril 2020

La poésie au rythme du temps et de la nature – Séance 2


Unité

Par-dessus l'horizon aux collines brunies,
Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies,
Se penchait sur la terre à l'heure du couchant ;
Une humble marguerite, éclose au bord d'un champ,
Sur un mur gris, croulant parmi l'avoine folle,
Blanche épanouissait sa candide auréole ;
Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur,
Regardait fixement, dans l'éternel azur,
Le grand astre épanchant sa lumière immortelle.
« Et, moi, j'ai des rayons aussi ! » lui disait-elle.

Victor Hugo (1802-1885)

  1. Quels détails te permettent d'identifier ce texte comme un poème ?
    Ce texte est écrit en vers, comme le montre le retour régulier à la ligne.
    Chaque vers (= chaque ligne) commence par une majuscule.
  2. Combien comptes-tu de strophes ? Combien comptes-tu de vers ?
    Il n'y a qu'une strophe. Une strophe est un groupe de vers séparé du reste par un blanc ; c'est l'équivalent poétique du paragraphe.
    Cette strophe comporte dix vers puisqu'on compte dix lignes.
  3. Les vers riment-ils ?
    Les vers riment : autrement dit, on retrouve les mêmes sonorités à la fin de deux vers (brunies / infinies ; couchant / champ ; folle / auréole...).
    Tous les poètes ne font pas ce choix ; en poésie moderne, il n'est pas rare que les vers ne riment pas.
    Ici les rimes se suivent. Si on leur attribue une lettre (comme aux droites en mathématiques!), en appelant la rime infinies / brunies « A » et la rime couchant / champ « B », on obtient le schéma suivant :
A
A
B
B
Les rimes disposées ainsi sont appelées rimes plates ou rimes suivies.
4. Combien comptes-tu de syllabes par vers ? 
Tous les vers de ce poème comportent douze syllabes. C'est ce qu'on appelle des alexandrins.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
Par
des
sus
l'ho
ri
zon
aux
col
li
nes
bru
nies
Le
so
leil
cet
te
fleur
des
splen
deurs
in
fi
nies


Règle du « e » muet
Pour bien compter et bien prononcer les syllabes en poésie, il faut savoir que certains « e », habituellement muets, c'est-à-dire non prononcés dans la vie de tous les jours, sont entendus en poésie. Il s'agit des « e » suivis d'une consonne.
Par exemple, le prénom Séverine est d'ordinaire prononcé en deux syllabes : [sèv] + [rin].
  • En poésie, le « e » du milieu sera systématiquement pris en compte : Séverine ;
  • Le « e » final le sera également s'il est suivi d'un mot commençant par une consonne : Séverine, jeune fille aux cheveux d'or

5. À quel moment de la journée cette scène se déroule-t-elle ?
La scène se déroule « à l'heure du couchant », c'est-à-dire le soir.
6. Qui sont les deux « personnages » ?
Les deux personnages sont le soleil et une marguerite.
7. Au vers 2, comment le soleil est-il désigné ? Est-ce une description scientifique ou une image ?
Le soleil est désigné comme une «  fleur des splendeurs infinies ». Il s'agit d'une description poétique, imagée. Cette façon d'associer deux choses, deux êtres ayant des points communs (la forme, la couleur...) est une figure de style appelée métaphore.
Nous savons bien que le soleil n'est pas une fleur ! En revanche, comme nous le fait remarquer la petite marguerite de ce poème, on peut considérer que ses rayons rappellent les pétales de certaines fleurs.
8. À ton avis, pourquoi le poème est-il intitulé « Unité » ?
L'unité évoquée par Victor Hugo est celle de la nature : on peut y trouver des correspondances entre une étoile majestueuse et une fleur des plus banales – toutes deux ont des rayons, toutes deux possèdent leur beauté particulière.
Cette manière de voir peut aussi s'appliquer aux humains : on rencontre des gens admirables au sein du peuple aussi bien que dans les classes supérieures de la société.

lundi 27 avril 2020

La poésie au rythme du temps et de la nature


Bonjour chers élèves ! 
J'espère que ces vacances de Pâques vous ont permis de vous changer les idées. Aujourd'hui, nous entamons une nouvelle séquence consacrée à la poésie !

Gustav Klimt, Le Pommier, 1912.

Comment le poète joue-t-il avec les mots pour créer des émotions ?



Le mot poésie vient du verbe grec poïein qui signifie « fabriquer, créer ». Le poète est un créateur qui assemble des mots de façon à leur donner une beauté et une force particulières, faisant ainsi naître des émotions. La poésie peut dégager un tel charme que, dans l'Antiquité, on disait que les poètes étaient inspirés par des divinités appelées les Muses.

Selon la légende grecque, le premier poète était Orphée, fils de Calliope, muse de la poésie. Il récitait ses poèmes en musique, en s'accompagnant d'une lyre. On dit que son chant était si émouvant que les animaux, les arbres et les rochers en étaient touchés.


À cette époque, la poésie est en effet chantée et elle le sera encore longtemps : en France, tout au long du Moyen-âge, les trouvères et troubadours continuent d'allier musique et poésie. 

Entre règles et inventivité

La poésie est un genre littéraire lié à la musique. Toutefois, à la fin du Moyen-âge, la poésie se sépare de la chanson et cultive sa musique propre, créée par les sonorités des mots et par le rythme des phrases.
Des règles d'écriture sont définies peu à peu. L'ensemble de ces règles est ce qu'on appelle la versification
Vous découvrirez quelques-unes de ces règles au cours de la séquence ; vous constaterez qu'elles sont souvent bien difficiles à appliquer mais qu'elles permettent de créer des poèmes qui sonnent comme de la musique !


Unité

Par-dessus l'horizon aux collines brunies,
Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies,
Se penchait sur la terre à l'heure du couchant ;
Une humble marguerite, éclose au bord d'un champ,
Sur un mur gris, croulant parmi l'avoine folle,
Blanche épanouissait sa candide auréole ;
Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur,
Regardait fixement, dans l'éternel azur,
Le grand astre épanchant sa lumière immortelle.
« Et, moi, j'ai des rayons aussi ! » lui disait-elle.
Victor Hugo (1802-1885)

Dans ton cahier, recopie en rouge le titre de la séquence La poésie au rythme du temps et de la nature.
Écris Texte 1 - « Unité » (Victor Hugo).
Réponds sur aux questions suivantes.
  1. Quels détails te permettent d'identifier ce texte comme un poème ?
  2. Combien comptes-tu de strophes ? Combien comptes-tu de vers ?
  3. Les vers riment-ils ?
  4. Combien comptes-tu de syllabes par vers ?
  5. À quel moment de la journée cette scène se déroule-t-elle ?
  6. Qui sont les deux « personnages » ?
  7. Au vers 2, comment le soleil est-il désigné ? Est-ce une description scientifique ou une image ?
  8. À ton avis, pourquoi le poème est-il intitulé « Unité » ?

Solution des mots croisés du 10 avril


Horizontalement
Verticalement
2. Les médecins en portaient une au temps de Molière. → ROBE
4. Le médecin en rédige une à la fin de la consultation. → ORDONNANCE
7. "C'est−à−dire que toute la SCIENCE du monde est renfermée dans votre tête !" s'écrie Argan.
8. Argan ne pense qu'à la sienne. → SANTÉ
1. La médecine antique en comptait quatre. → HUMEURS
3. Les bons permettent de guérir. → REMÈDES
5. Faut-il se contenter de l'observer ou faut-il la boire ? → URINE
6. Les médecins prêtent serment en son nom. → HIPPOCRATE

vendredi 10 avril 2020

Mots croisés !

Le confinement ne doit pas nous empêcher de respecter les traditions : pour finir en beauté la séquence sur Molière, une bonne grille de mots croisés !


Horizontalement
Verticalement
2. Les médecins en portaient une au temps de Molière.
4. Le médecin en rédige une à la fin de la consultation.
7. "C'est−à−dire que toute la ....... du monde est
renfermée dans votre tête !" s'écrie Argan.
8. Argan ne pense qu'à la sienne.
1. La médecine antique en comptait quatre.
3. Les bons permettent de guérir.
5. Faut-il se contenter de l'observer ou faut-il la boire ?
6. Les médecins prêtent serment en son nom.


Bonnes vacances !



 

mercredi 8 avril 2020

Le Médecin malgré lui - Séance 4


Solution de la séance « Comédie-Française » :

1. La scène
2. La salle
3. Le rideau
4. La rampe
Les « feux de la rampe » étaient les bougies qui éclairaient la scène. L'expression est restée : quand une jeune personne ambitionne de travailler dans le domaine du spectacle, on dit qu'elle est attirée par les feux de la rampe.
5. L'orchestre
Les places les moins chères. Au temps de Molière, on s'y tient debout – il n'y a pas de chaises !
6. La corbeille ou premier balcon
7. Les deuxième et troisième balcons
8. Le poulailler ou paradis
9. Les loges d'avant-scène
Ce n'est pas l'endroit d'où l'on voit le mieux le spectacle mais c'était pourtant les places les plus chères ! Pourquoi ? Parce que, pendant des siècles, les familles riches et puissantes fréquentaient moins les théâtres pour y écouter des pièces de théâtre que pour s'y montrer !

Qu'entend-on juste avant que la pièce ne commence ?
Pour annoncer que le spectacle va commencer, douze coups de bâton résonnent sur le plancher de la scène derrière le rideau encore baissé, neuf courts et trois longs : c'est pourquoi on parle des « trois coups ».

Tu remarqueras sur la photo que la salle a la forme d'un fer à cheval. C'est ce qu'on appelle une salle à l'italienne. Ce type de salle a été le modèle dominant des salles de spectacles pendant au moins trois siècles, un exemple parmi tant d'autres de l'incroyable rayonnement culturel de l'Italie !

Orthographe !

Tu as récemment révisé l'accord du participe passé ; mais il n'y a pas que les participes passé qui se terminent par le son é ou è. Sauras-tu compléter ce texte ? Tu as le choix entre ez, é, er, ait et aient.

Rappels :
  • -ez est la terminaison verbale de la 2e pers. du pluriel (vous) ;
  • -er est une terminaison d'infinitif ; à l'école primaire, on te disait déjà de vérifier en remplaçant par vendre ou faire ou mordre, etc. ;
  • -ait et -aient sont des terminaisons de l'imparfait.
J’ai été baptis...... à l’église Saint-Eustache, sous le prénom de Jean. Ce n’est qu’à la naissance de mon petit frère que l’on av...... aussi appel...... Jean que l’on m’a donn...... le prénom de Jean-Baptiste. Pour nous différenci...... ! Vous compren......, quand nous jouions dans la rue, mon frère et moi, et que nos parents voul...... nous appel...... par la fenêtre, pour que nous venions mang......, ils ne pouv...... pas cri...... « Jean, Jean, ven...... mang...... ! » C’était fort peu commode …... Aussi, ils m’ont donn..... le nom de Jean-Baptiste. 
F. ThyrionMolière par lui-même, Éditions La Fontaine, 1995.